Opération BIYELA 1 : plus de 550 millions de médicaments falsifiés interceptés en Afrique

Saisie record de faux médicaments en Afrique : des résultats plus qu’alarmants

Une conférence de presse conjointe avec l’Organisation Mondiale des Douanes s’est tenue le 13 juin 2013 à Paris pour présenter les résultats de l’opération d’interception.


Opération BIYELA 1 en bref

  • Dates
    Du 27 mars au 10 avril 2013.
    3 jours de formation du 27 au 29 mars à Lomé, au Togo, suivis de 10 jours d’intervention douanière du 1er au 10 avril.
  • 23 pays
    23 pays d’Afrique du Nord, Sud, Ouest et Est : Algérie, Angola, Bénin, Cameroun, République Démocratique du Congo (RDC), Congo- République, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Kenya, Madagascar, Maroc, Maurice, Mozambique, Namibie, Nigéria, Sénégal, Afrique du Sud, Tanzanie, Togo.
  • 23 ports maritimes
    Abidjan, Alger, Banjul, Casablanca, Conakry, Cotonou, Dakar, Dar es Salam, Djibouti, Douala, Durban, Lagos, Libreville, Lomé, Luanda, Maputo, Matadi, Mombasa, Pointe Noire, Port-Louis, Tema, Toamasina, Walvis Bay.
  • Interception
    146 conteneurs interceptés, avec plus de 1 milliards de produits interceptés. 49% de ces produits étaient des produits pharmaceutiques, soit 559,5 millions de produits de santé illicites et / ou contrefaits saisis.
    Estimation de l’interception : plus de 275 millions d’USD[1].
  • Provenance
    49% des produits interceptés provenaient de Chine, 23% des Emirats Arabes Unis et 9% d’Inde.

[1] Valeur approximative de 0.5 USD/médicament.


Une saisie record de médicaments falsifiés dans 23 administrations douanières en Afrique

En octobre 2012, l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD) et l’Institut international de Recherche Anti-Contrefaçon de Médicaments (IRACM) annonçaient les résultats inédits de l’opération VICE GRIPS 2. 82 millions de comprimés représentant un danger pour la santé des patients ont été interceptés en 5 jours dans 16 ports du continent africain. Cette opération ciblait plus particulièrement les envois maritimes susceptibles de contenir des produits de santé contrefaits.

Au vu de ces résultats, l’OMD avec le soutien de l’IRACM, a décidé de lancer la première opération « BIYELA » dans 23 ports maritimes africains :

  • Afrique du Sud (port de Durban),
  • Algérie (port d’Alger),
  • Angola (port de Luanda),
  • Bénin (port Autonome de Cotonou),
  • Cameroun (port de Douala),
  • République Démocratique du Congo (port de Matadi),
  • Congo-République (port de Pointe Noire),
  • Côte d’ivoire (port d’Abidjan),
  • Djibouti (port de Djibouti),
  • Gabon (port de Libreville),
  • Gambie (port de Banjul),
  • Ghana (port de Tema),
  • Guinée (port de Conakry),
  • Kenya (port de Mombasa),
  • Madagascar (port de Toamasina),
  • Maroc (port de Casablanca),
  • Maurice (port de Port-Louis),
  • Mozambique (port de Maputo),
  • Namibie (port de Walvis Bay),
  • Nigeria (port de Lagos),
  • Sénégal (port de Dakar),
  • Tanzanie (port de Dar es Salam),
  • et Togo (port de Lomé).

En 10 jours, plus de 550 millions de produits de santé contrefaits saisis pour une valeur de plus de 275 millions de dollars US

Après 10 jours sur le terrain, les douaniers ont intercepté plus d’un milliard de produits illicites et/ou contrefaits parmi lesquels plus de 550 millions de médicaments. Il s’agissait d’antipaludéens[1], d’antibiotiques, d’anti-inflammatoires, d’antidiabétiques, d’antiépileptiques, de traitements contre le dysfonctionnement érectile, de compléments alimentaires et autres produits de santé. Ces produits de santé entraient illégalement sur le territoire africain : soit en contrebande, soit sans autorisation de mise sur le marché (AMM) ou  avec une AMM falsifiée et contenant – pour certains d’entre eux – des substances potentiellement mortelles.

L’ensemble des produits pharmaceutiques intercepté est estimé à plus de 275 millions de dollars américains. Ces résultats rappellent l’ampleur du trafic de médicaments en Afrique et le danger qu’il fait peser sur la santé des patients africains.

En amont de cette phase opérationnelle, les fonctionnaires locaux des douanes participant à l’opération ont été formés durant 3 jours à reconnaître les caractéristiques techniques des différents produits susceptibles d’être contrefaits. Ils ont également été sensibilisés aux nouvelles méthodes d’enquête par les experts de l’OMD en conditions réelles (sur le terrain).

Les résultats de l’opération BIYELA 1 en 2013 sont plus significatifs que les résultats de VICE GRIPS 2 en 2012. Toutefois, ces deux opérations ne sont pas comparables. En effet, bien qu’effectuées toutes deux en Afrique,  l’opération BIYELA 1 a étendu la couverture à 23 ports maritimes, soit près du double de la précédente opération et elle a duré 10 jours au lieu de 5 sur le terrain en 2012.

 

Lire le communiqué de presse « Saisie record de médicaments illicites en Afrique. L’OMD et l’IRACM alertent sur un fléau en pleine expansion qui menace dangereusement la sécurité et la santé des populations africaines. »


[1] L’OMS estime que près de 80% des cas de paludisme se produisent en Afrique. La résistance aux antipaludéens peut être due à la prolifération de contrefaçons. Les moustiques engendrent alors une mutation. Si la résistance à l’artémisinine progresse et gagne d’autres régions géographiques étendues, les conséquences pour la santé publique pourraient être très graves, car aucun autre antipaludique de remplacement ne sera disponible avant au moins 5 ans.